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Pourquoi on ne m’a pas entendue?

La mère d’Olivier et Alex, tués en octobre à Wendake, lance un ultime appel à l’aide. « J’ai fait des appels à la DPJ pour protéger mes propres enfants, où était ce système de protection de l’enfance, pourquoi on ne m’a pas entendue? », demande Emilie Arsenault, qui prenait la parole dimanche pour la première fois depuis le drame.

Elle dit avoir sonné l’alerte auprès de la DPJ plusieurs fois au sujet du père des deux victimes, Michaël Chicoine, qui est accusé du meurtre de ses enfants âgés de deux et cinq ans. Elle dénonce les failles de la direction de la protection de la jeunesse.

Je suis en colère contre notre Québec, qui se dit doté d’un système de protection à l’enfance. Et moi, quand j’ai fait des appels à la DPJ pour protéger mes propres enfants, il était où, ce système de protection de l’enfance?, demande-t-elle, la voix coupée par les larmes. Elle estime que l’aide doit être immédiate et sans liste d’attente.

Dans la nuit du 10 au 11 octobre, le père aurait tué Olivier, 5 ans, et son petit frère, Alex, 2 ans. Les enquêteurs ont retrouvé les deux garçons sans vie dans une maison au cœur du village de Wendake.

Pourquoi on ne m’a pas entendue, pourquoi tous les signalements pour mes amours n’ont pas été reconnus?Emilie Arsenault, mère d’Olivier et Alex.

Trois signalements ont été faits à la DPJ, affirme la mère. Une travailleuse sociale et un policier avaient contacté la Direction de la protection de la jeunesse avant qu’Emilie Arsenault ne le fasse également.

Pourquoi la travailleuse sociale de l’hôpital et l’enquêteur qui était censé nous aider n’ont pas été pris au sérieux quand ils ont signalé eux aussi?, souligne-t-elle.

Emilie Arsenault s’est adressée aux médias lors d’une conférence de presse en compagnie de l’avocat de la famille, Marc Bellemare, et de son père Jean-Guy Arsenault.

Elle déplore que la violence familiale ne soit pas prise au sérieux. Pourquoi il faut attendre que quelqu’un s’en prenne à nos enfants quand tous les signes avant-coureurs sont là?, ajoute-t-elle.Un contenu vidéo est disponible pour cet article

« Pourquoi on ne ma pas entendue? », demande la mère des deux jeunes victimes de Wendak« Pourquoi on ne ma pas entendue? », demande la mère des deux jeunes victimes de Wendake

Chaque fois que les différentes ressources lui demandaient si elle craignait pour la vie de ses enfants, elle ne croyait pas qu’un parent pourrait commettre un tel geste.

Je me suis trompée, admet-elle, énumérant le nom de plusieurs mères qui se sont aussi trompées, comme l’ancienne conjointe de Martin Carpentier.

La seule fois où il a touché mes enfants, c’est dans la nuit du 10 au 11  octobre, dit-elle.

Une épreuve difficile

La mère endeuillée admet que les dernières semaines ont été difficiles. Elle a adressé un message touchant à ses deux jeunes enfants.Emilie Arsenault tient dans ses bras ses deux enfants.

Emilie Arsenault avec ses deux enfants, Alex et Olivier, tués en octobre dernier à Wendake

PHOTO : EMILIE ARSENAULT

Je n’ai pas de mots pour vous dire à quel point que je m’ennuie. Chaque seconde, mais particulièrement avant d’aller dormir. Sachez mes amours qu’il n’y a pas un soir où je ne vais pas vous border comme si j’avais encore la chance de vous avoir près de moi.

Plusieurs diront que j’étais une maman, mais je suis une maman et je resterai une maman jusqu’à l’infini. Ce n’est pas parce qu’il vous a arrachés à moi que ça va changer.Emilie Arsenault, mère d’Olivier et Alex


Le grand-père Jean-Guy Arsenault a aussi pris la parole. Ma plus grande peine c’est que jamais je ne pourrai voir grandir mes petits garçons que j’aimais tant. Je devrai vivre avec cet immense chagrin toute ma vie.

Poursuivre Québec?

Marc Bellemare, avocat de la famille Arsenault, estime qu’il n’est pas exclu que des recours judiciaires soient entrepris contre Québec.

La famille se donne encore quelques mois de réflexion, le temps que le processus d’enquête et le procès pour meurtre débutent.

Dans ce dossier, cinq enquêtes ont été déclenchées : enquête externe sur la DPJ, enquête policière, enquête du coroner et deux enquêtes de la Commission des droits de la jeunesse.

Le dossier de l’accusé du double meurtre revient devant la cour le 12 janvier.


Fanny Samson (accéder à la page de l’auteur)Fanny SamsonPublié le 15 novembre 2020

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