Le fils d’une femme dont le meurtrier n’est pas connu est en colère après avoir découvert tous les documents

ANTOINE LACROIX / 

Le fils d’une femme assassinée en 1981 et dont le meurtre n’a jamais été résolu est en colère contre la police de Longueuil après avoir découvert que le dossier d’enquête complet est accessible au grand public.

Déclarations de suspects, empreintes digitales, démarches d’enquête, informations personnelles et même toutes les preuves amassées dans le dossier concernant l’assassinat de Thérèse Luce se trouvent présentement dans une boîte contenant environ 300 pages à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) du Vieux-Montréal. Le Journal a pu les consulter.

FD-MEURTRE IRRESOLU-THERESE LUCE

PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

« C’est scandaleux. Depuis 1997, je demande d’avoir un accès complet et on me disait que c’était confidentiel. Finalement, j’avais juste à aller à la bibliothèque et j’aurais tout eu sans que la police le sache ? Est-ce que le meurtrier, qui court toujours, a pu lire ce qu’on sait sur lui ? » s’exclame le fils de la victime, Stéphane Luce.

Impossible pour le moment de savoir depuis quand le contenu de l’enquête s’y trouve et pourquoi il a été archivé publiquement, ni qui a eu l’occasion de le consulter, déplore l’homme de 51 ans.

Interdit

Or, « l’accessibilité à des documents relatifs à une enquête policière non résolue est formellement prohibée » par la Loi, peut-on lire dans la mise en demeure envoyée vendredi dernier au Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) par son avocat Marc Bellemare.

« Nous exigeons que ce dossier, daté du 2 juin 1982, soit retiré de la BAnQ sans délai », réclame la mise en demeure.

Le SPAL a confirmé au Journal hier soir qu’il tenterait d’éclaircir la situation.

« Des démarches ont été entreprises au cours de la fin de semaine et se poursuivront [aujourd’hui] afin de rectifier la situation promptement. Nous prenons très au sérieux la situation qui a été portée à notre attention et tiendrons la famille informée des développements », a indiqué par courriel Ghyslain Vallières, porte-parole du SPAL.

Il a tenu « à réitérer aux membres de la famille de Mme Luce ainsi qu’au public que ce dossier est toujours actif et objet d’enquête ».

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PHOTO COURTOISIE

Escouade mixte spécialisée

Stéphane Luce espère que tous les corps de police de la province procéderont à des vérifications pour s’assurer qu’aucun dossier d’enquête n’est public alors qu’il ne le devrait pas.

Il réclame aussi la création d’une escouade mixte spécialisée chapeautée par la Sûreté du Québec. Il estime qu’il s’agirait de la « meilleure solution » pour que les cold cases, comme on les appelle dans le jargon, puissent être « mieux gérés ».

Battue à mort

« Les corps de police municipaux n’ont pas les ressources pour bien faire avancer ces vieilles enquêtes. Si la Sûreté du Québec dirigeait le tout avec chacun d’eux, je pense qu’on pourrait avoir un meilleur taux de résolution, comme il y aurait des gens qui travailleraient à temps plein là-dessus », fait valoir celui qui est président de l’organisme Meurtres et disparitions irrésolus du Québec.

Il rappelle que dans l’enquête sur sa mère, qui a été battue à mort le 1er avril 1981, des éléments de preuves ont été perdus dans le passé. Un autre signe, selon lui, de la nécessité d’une escouade avec des enquêteurs spécialisée.

https://www.journaldemontreal.com/2018/08/27/dossier-non-resolu-a-la-biblio

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